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Le processus de réchauffement des relations algéro-françaises a commencé. Selon nos informations, Alger ne conditionne plus une relance des relations bilatérales par le règlement de l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni et la fin de la procédure judiciaire dans l’affaire des moines de Tibehirine. La visite, le 20 juin dernier de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, a permis de dépasser l’obstacle du calendrier judiciaire qui empoisonne les relations bilatérales depuis près de deux ans, après l’arrestation le 14 août à l’aéroport de Marseille du diplomate Hasseni.

Mais sur les autres dossiers, Alger maintient ses positions. Les Algériens veulent un geste de la France sur la mémoire. Ils exigent également des améliorations en matière de circulation des personnes et la cessation des discriminations à l’égard des Algériens vivant en France. A Alger, le débat français sur l’identité nationale a été perçu comme une véritable campagne visant à dénigrer les musulmans et donc les Français d’origine algérienne et les Algériens vivant dans ce pays. Les Algériens, dont le nombre est estimé à 4 millions de personnes, constituent la composante la plus importante de la communauté musulmane de France. Une autre affaire est souvent évoquée par Alger pour illustrer cette discrimination : l’utilisation par le Front national (FN), un parti d’extrême-droite, de l’emblème national algérien lors de la campagne électorale pour les élections régionales de mars dernier.

Alger attend également des gestes de bonnes volonté de la part de Paris sur des dossiers comme  l’OMC et l’Union européenne. L’Algérie négocie un accord d’adhésion avec la première organisation et renégocie son accord d’association avec l’UE. Pour les Algériens, Paris est en mesure d’aider Alger dans ces pourparlers. Mais aucune demande officielle n’a été formulée dans ce sens par les Algériens lors de la visite de Claude Guéant. « On ne demande rien. On attend des gestes de bonne volonté de leur part », explique une source proche du gouvernement.

En face, les Français ont également des attentes. Ils s’inquiètent pour le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM), en panne. L’Algérie, même si elle ne s’est pas retirée, boude les réunions de l’UPM. Les raisons de cette bouderie sont multiples mais la principale concerne la présence d’Israël au sein de cette structure. « Nous ne pouvons pas siéger dans la même structure qu’un pays qui assassine des humanitaires internationaux», explique notre source.

L’autre attente des Français concerne les contrats, aussi bien civils que militaires. La France s’estime exclue des plans de relance initiés par l’Algérie, dont le dernier est estimé à 286 milliards de dollars sur cinq ans.

TSA



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