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FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – À l’occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur, Elisabeth Lévy revient sur les tensions entre la cause féministe et la cause multiculturaliste. Cologne, La Chapelle Pajol, Sarah Halimi, elle aborde sans tabous les derniers sursauts du choc des civilisations.

“Pour cette gauche Terra nova, et notamment pour sa pointe avancée féministe, les immigrés musulmans cochent toutes les bonnes cases, celles des victimes. Mais dans la vraie vie, le vivre-ensemble ressemble plus souvent au choc des civilisations qu’à une affiche Benetton. Or, dès que les différences culturelles se manifestent sur un mode qui n’est ni positif, ni enrichissant mais plutôt conflictuel et déprimant, c’est-à-dire assez fréquemment pour rester poli, la machine à dénégation se met en marche. Dans un premier temps, on nous raconte qu’on n’a pas vu ce qu’on a vu et qu’il suffit d’aller se promener à La Chapelle-Pajol pour savoir qu’il y a des femmes partout et que ceux qui disent le contraire sont de méchants racistes.

Puis, s’il est impossible de nier ce qui se passe – par exemple dans le cas des agressions sexuelles de Cologne, le 31 décembre 2015, ou après les attentats, de bons esprits s’efforcent de nous convaincre que ces actes inqualifiables sont le fruit de la pauvreté, donc un peu de nos manquements collectifs. «Les terroristes prospèrent sur la misère», a tweeté le président Macron après l‘attentat de Manchester.

Quelques jours plus tard, un doctorant algérien – ancien journaliste de surcroît – s’en prenait à un soldat sur le parvis de Notre-Dame de Paris. Il faudrait comprendre, tout de même, pourquoi il est à ce point vital pour certains de nier que les origines culturelles influencent les comportements sociaux. C’est d’autant plus curieux qu’en même temps l’antiracisme d’aujourd’hui est obsédé par les origines. D’où la double injonction dans laquelle il est englué: il faut exalter les différences culturelles mais, dès qu’elles posent problème, il ne faut pas les voir.

C’est que dans le fond, cet antiracisme de dames patronnesses ne parvient pas à voir les immigrés musulmans et leurs descendants autrement que comme des objets d’une histoire dont les vrais maîtres, éternellement coupables, seraient les vieux mâles blancs qui nous oppriment”

(…)

Le Figaro

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