[…] « Le niveau moyen d’éducation (et partant, peut-on supposer, de la capacité à comprendre les questions politiques) s’est accru dans tous les pays démocratiques, et continuera probablement à croître. Malheureusement, cependant, la difficulté à comprendre les affaires publiques a également augmenté et pourrait avoir dépassé les gains résultant de l’élévation du niveau d’instruction. »
Ainsi n’y aurait-il plus que des questions complexes, inaccessibles au commun des mortels. Pour autant, faut-il noter, la « crise de la compétence » frappe également les élus. Et l’élévation du niveau d’éducation, insuffisante face à la complexité du monde contemporain, n’en a pas moins réduit la distance cognitive entre ceux-ci et leurs électeurs.
Il y a donc moins de raisons qu’avant d’écarter ces derniers de la décision. En l’occurrence, qu’il s’agisse des citoyens ou des représentants, l’enjeu nous paraît être désormais de greffer l’expertise sur la décision. Il va de soi que l’alternative qui consisterait à s’en remettre au « gouvernement des experts », ou à une improbable « épistocratie », n’en est pas une. […]