C’est l’histoire d’une incroyable erreur de casting. Ou plutôt: d’une conséquence malheureuse de la difficulté de recruter vécue aujourd’hui par bon nombre de nos écoles.
Récemment, un vif émoi s’est emparé de la salle des profs d’un établissement appartenant au réseau libre subventionné et situé en Fédération Wallonie-Bruxelles. La raison? Le recrutement d’un enseignant remplaçant qui s’est révélé être une personnalité proactive dans les milieux d’extrême droite.
“Quand nous avons appris son arrivée, nous avons tiqué sur le nom, témoigne l’une des enseignantes de l’école. On a tapé son nom dans les moteurs de recherche sur Internet pour vérifier et on a rapidement trouvé des infos sur ses liens avec l’extrême droite“.
La direction nous confirme : “Quand on s’en est rendu compte, il était trop tard, le contrat avait déjà été signé“.
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Mais une réunion quelques jours plus tard entre représentants d’écoles de la zone concernée a permis de constater que le prof en question n’en était pas à son premier intérim. Que du contraire. Mais que chaque école s’était systématiquement débrouillée pour clore le plus vite et le plus discrètement possible l’incident.
“C’est vrai que cette personne n’avait pas renseigné ses expériences utiles dans la fonction. Et elle était restée vague là-dessus lors de l’entretien. Je comprends pourquoi, maintenant ! Sans doute voulait-elle éviter que l’on contacte les autres écoles pour que l’on puisse s’informer à son sujet.“
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“Ce qui nous a inquiétées, explique l’enseignante qui a flairé l’affaire, c’est que dans sa classe l’enseignant possède une certaine liberté pédagogique, mais avec un devoir de neutralité. Or, il n’y a aucun contrôle là-dessus…” Et cette situation offre “une porte ouverte à la banalisation de l’extrême droite du fait même de cette présence au sein de l’établissement“.